Grève feministe du 8 mars : les femmes descendent dans la rue et continuent à s’organiser contre les inégalités !

Grève féministe, le 8 mars 2022.

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Las Rojas Paris

 

Ce 8 mars Las Rojas ont participé à la grève interprofessionnelle et à l’énorme manifestation qui a eu lieu à Paris mais aussi dans plusieurs villes de France. Une journée très réussie avec d’énormes mobilisations partout : Grenoble, Toulouse, Metz, Bordeaux avec plus de 35.000 participantes à Paris. Le cortège est parti de Gare de Nord et s’est terminé à l’hôpital Tenon. 

Un succès dont les femmes ont profité pour exprimer leur colère et leur détermination à lutter contre le harcèlement de rue, au travail, et contre la précarité très en vigueur ces dernières années et qui ont trouvé beaucoup d’écho lors du phénomène  #Metoo. Cette année, la mobilisation s’est vue renforcée par les consignes de solidarité internationale, entre autres les ukrainiennes.

La mobilisation a regroupé divers secteurs de travailleurs et de travailleuses organisé.e.s dans leurs syndicats, associations de femmes qui ont subi de plein fouet les mesures antipopulaires du quinquennat de Macron. Nous retenons de cette journée la colère issue d’un bilan définitivement négatif de la gestion de Macron, très marqué par la précarité, les inégalités de salaires, l’incompétence judiciaire et la complicité avec les agresseurs qui rendent l’État complice de toutes ces violences structurelles.

L’une des revendications centrales de cette année est le combat pour l’égalite salariale. Selon France Inter : Les écarts de rémunération sont encore supérieurs à 20%. Pourtant, la loi sur l’égalité salariale existe depuis 50 ans. (…) En moyenne, d’après l’Urssaf, les femmes gagnent 22,3% de moins que les hommes dans le secteur privé (hors agriculture). Un tiers de cet écart s’explique par leur temps de travail global inférieur, du fait du temps partiel ou des contrats courts. Les femmes représentent ainsi 57,4% des CDD courts, mais 42,5% des embauches en CDI.”

Il faut signaler que la participation s’est massifiée à partir de 16h à la Place de la République ; nous ne pouvons pas laisser de côté la réflexion autour des réelles contraintes matérielles d’adhésion à la grève. Faire grève le 8 mars continue à être quelque chose de très restreint pour beaucoup des femmes, notamment celles des secteurs les plus populaires, précaires et du monde du travail qui n’ont pas toutes les mêmes possibilités. Autrement dit, une manifestation convoquée quelques heures plus tard aurait pu rassembler beaucoup plus de manifestant.e.s.

Par ailleurs, il faut remettre en question le rôle joué par les directions syndicales dans la préparation de la manifestation. D’abord, les syndicats ont correctement déposé des préavis de grève permettant les femmes à faire grève le 8 mars. Cependant, il reste encore le défit d’effectivement mobiliser les femmes pour qu’elles prennent la rue avec toutes les forces pour imposer la fermeture des usines, des entreprises et des lieux de travail en général. Mener cette lutte à bien n’est pas aisé, et il nous semble qu’il faudrait s’investir beaucoup plus dans les mobilisations et les espaces de travail.

D’autre part, nous condamnons toute forme de violences envers les femmes et envers les personnes trans à l’intérieur comme à l’exterieur du mouvement féministe, ainsi qu’à l’usage des termes sexistes et misogynes à l’encontre des femmes qui appartiennent au mouvement. Nous ne soutenons pas les postures biologicistes discriminatoires, nous n’allons tolérer aucune sorte d’amalgame de l’abolitionnisme aux postures trans excluantes. Nous dénonçons et alertons le mouvement féministe des tentatives discursives qui vont dans ce sens.

La calomnie et l’accusation entre organisations ne font qu’affaiblir le mouvement et nous font perdre de vue l’ennemie en commun: le patriarcat et l’État qui le soutient !

Nous pensons que le mouvement suffre d’un manque d’espaces d’échange et de débat politique au sein du féminisme. Nous ne pouvons pas laisser passer des actes violents issues de la prolifération de groupes qui ne prennent en considération qu’un seul aspect de nos revendications.

Nous pensons que la grève internationale des femmes du 8 mars est une date clé et, à ce titre, elle doit être notre outil de construction pour un mouvement de plus en plus fort. Nous continuerons à y participer et à nous battre contre la transphobie, les féminicides, la violence domestique, le harcèlement, la pédophilie et l’ensemble des emprises patriarcales qui gangrènenet encore notre société. Nous continuerons à mener notre combat abolitionniste et à nous battre contre l’exploitation sexuelle des femmes ainsi que contre toutes les formes d’exploitation.

Notre lutte doit se faire ensemble : féministes, LGBTI de toutes les frontières, contre la guerre impérialiste et contre la xénophobie d’État ! Pour un féminisme, antiraciste, anticapitaliste et révolutionnaire et pour poser toutes nos revendications au cœur des débats électoraux !

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