Damien Abad : 3 affaires sales pour le prix d’une

Sur le nouveau Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

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Alors que le nouveau Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées traîne deux accusations d’agressions sexuelles, une nouvelle affaire de barbouzerie vient confirmer les rouages obscurs de la Macronie, qui protège et récompense les pires opportunistes.

 

Deux accusations de viol n’empêchent pas sa nomination au gouvernement

Alors qu’il vient d’être désigné ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées dans le nouveau gouvernement, Damien Abad est accusé par deux femmes de viol. Son cas seul illustre non seulement l’archétype de l’opportuniste politique mais surtout témoigne de l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences sexistes et sexuelles et des pratiques de barbouzerie au sommet de l’état.

En 2017, alors que Damien Abad soutient la campagne Fillon, la première affaire éclate : une femme déclare avoir été violée et droguée suite à une soirée, en 2010, et s’être réveillée en sa compagnie dans une chambre d’hôtel avec un énorme sensation d’humiliation. Depuis, elle préfère garder l’anonymat, raison pour laquelle son témoignage n’a aucune valeur juridique, ne pouvant pas participer à l’audition requise dans ce cas de figure.

La seconde plainte concerne des faits qui se seraient passés en 2011 et décrit une relation d’abord consentie, après des mois d’échanges, puis une agression sexuelle sous la contrainte. Un premier dépôt de plainte a été classé sans suite en 2012, la victime n’étant alors pas allée au bout de la procédure. Un deuxième dépôt de plainte a été émis plus tard, en 2017, alors que Abad était porte-parole de l’ex-candidat aux présidentielles Fillon. Celui-ci a été également classé sans suites pour cause « d’infraction insuffisamment caractérisée » selon le Parquet de Paris.

S’il fallait encore démontrer que les dépôts de plainte sont un véritable parcours du combattant, voici comment a réagit Damien Abad : en décidant de porter plainte contre les victimes pour dénonciation calomnieuse et diffamation.

D’une part, en guise de défense, Abad invoque l’incapacité d’avoir des rapports sexuels des suites de l’arthrogrypose, une maladie qui affecte les articulations. Or, aucune expertise n’ayant été réalisée en 2017, on peut facilement s’interroger sur la consistance de l’argument, qui mise plutôt sur l’inefficacité de la justice à protéger les victimes de violences sexistes et sexuelles. Dans ce contexte la ligne du gouvernement est la suivante : tant qu’il n’y a pas de condamnation, il n’y aura pas de démission. Cette décision a été confirmée par la porte-parole du gouvernement, qui a surenchérit sur l’argument qu’aucune procédure n’est en cours.

D’autre part, cette affaire rappelle à tous celle de Gérard Darmanin, le ministre de l’intérieur reconduit par Macron, qui traîne, lui aussi, une accusation de viol. Faire sauter l’un signifierait devoir faire sauter l’autre, alors autant garder les deux. Il n’y a pas de justice dans la macronie, qui protège de toute évidence ses membres les plus fidèles en fonction des calculs politiques.

Pour énoncer une solution simple, qui aurait due être appliquée immédiatement, les deux ministres auraient pu être écartés à l’instar de Taha Bouhafs. L’ancien candidat aux législatives a en effet été mis de côté en trois jours lorsque les dénonciations de violences sexuelles ont été remontées à la France Insoumise.

Mais dans le cas de LREM, malgré des faits anciens et rendus publics, notamment lors de la houleuse campagne Fillon, et alors que les membres haut gradés sont forcément mis au fait de leurs CV respectifs, cela n’a pas empêché Elisabeth Borne, la nouvelle première ministre, de déclarer sans sourciller qu’elle « n’était pas au courant ». Une énième tentative d’invisibilisation doublée d’une « fraternité » crasse entre les responsables de l’Etat, qui a pour principal effet de renforcer la confiance des agresseurs dans la justice bourgeoise, au détriment des victimes, et ce alors que l’affaire Patrick Poivre d’Arvor a également éclaté grâce aux témoignages courageux de 20 femmes qui dénoncent toutes des viols, des agressions et du harcèlement sexuel.

 

Affaire des tueurs à gages contre des syndicalistes : lorsque les bourgeois tremblent au point qu’ils veulent tuer ouvertement

Mais ce n’est pas tout concernant Abad : il est également ciblé pour ses accointances avec un couple de patrons qui souhaitaient faire tuer un salarié syndicaliste qu’ils estimaient trop gênant.

En 2020 deux militaires de la DGSE sont arrêtés alors qu’ils se préparaient à assassiner une femme, au sortir de son domicile. Tout un réseau de criminels est alors mis à jour, dans lequel se comptent des anciens agents des services de renseignements et de sécurité privés. L’un des deux militaires arrêtés mène la piste vers des patrons d’une usine de plastique dans l’Ain.

C’est lorsque le couple de patrons est mis sur écoute que le nom de d’Abad, à ce moment député, est ressorti. Durant l’échange il semble s’inquiéter des retombées médiatiques de l’enquête et projette de contacter le procureur et la presse, d’après les dires du mari, pour « contrer un peu tout ce qu’ils ont dit ».

Le cas paraît invraisemblable à tous les niveaux – on se demande comment être plus mal nommé en ministre des « Solidarités » – mais c’est bien la réalité. Au vu de la tournure la réélection de Macron annonce bien la continuité des barbouzeries de l’état et de l’impunité des auteurs des violences sexistes et sexuelles.

 

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