Les femmes en première ligne de contestation du régime en Iran

Ces derniers jours, l'assassinat d'une jeune fille, Mhasa Amini, a déclenché un mouvement de colère débordante à Téhéran et dans toutes les villes d'Iran. Après une répression brutale, la fille de 22 ans est décédée en raison du port incorrect de son voile.

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L’indignation a pris de l’ampleur et les mobilisations ont été reprises dans plusieurs villes du pays, les émeutes ont commencé avec des femmes qui brûlaient leurs voiles et qui coupaient leurs cheveux sur les réseaux sociaux pour montrer leur indignation. Même si ce n’est pas possible désormais de dimensionner l’ampleur des manifestations en raison de la censure imposée par le gouvernement, la situation d’instabilité sociale et politique actuelle n’est pas du tout négligeable. Les images de lynchage des commissariats et des diverses centres administratives ont circulé cette semaine, ainsi que des ripostes massives et collectives en défense des milliers des femmes qui sont dans la rue.

 

Femmes, vie et liberté

Protagonistes de cette contestation, l’espace public et virtuel a été récupéré par des femmes. Elles ont inondé les places et les réseaux sociaux au détriment des mesures gouvernementales qui se proposaient d’empêcher la coordination entre manifestants. L’acompte de morts augmente jour après jour en raison de la forte répression déployée par le régime pour faire un sorte de sauvegarde de l’ordre institutionnel.

« Les droits des nations sont supérieurs aux droits de l’homme » c‘était la déclaration du président Ebrahim Raïssi lors de son intervention à l’assemblée générale de l’ONU pour justifier la répression en Iran. Un discours soigné pour ne pas faire allusion aux femmes et moins à leurs droits. Néanmoins les manifestations représentent plus qu’un refus de la police des mœurs et du durcissement des contrôles sur les femmes des dernières années. Il s’agit d’une contestation de l’ensemble d’un régime qui leur réserve l’oppression, la tutelle patriarcale, le manque des libertés et la répression policière. Le caractère de ces demandes reste très politique et met au centre du débat la question de l’émancipation des femmes au sein des régimes politiques religieux qui les répriment et qui les écrasent.


Sororité et lutte internationaliste

En solidarité, les femmes kurdes, iraniennes et de tous les horizons se sont rassemblées samedi à la Fontaine des Innocents à Paris pour exprimer leur solidarité avec la lutte des iraniennes. Cette lutte configure un point d’appui très significatif dans le contexte international assez adverse marqué par la guerre et le durcissement des attaques russes envers le peuple ukrainien, la montée de l’extrême droite en Europe et la forte crise économique.

Cette expression des femmes marque un précédent qui impose des nouvelles règles de jeu pour les gouvernements tout en faisant avancer la conscience sociale envers la place des femmes et leur rôle social et politique. Nous saluons la lutte de ces femmes courageuses qui nous inspirent pour construire un mouvement fort qui soit en première ligne de combat contre la guerre, la précarité, les violences et le capital.

Vive les femmes qui luttent !

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