Après la grève du 19 janvier : on ira jusqu’au retrait !

Éditorial du NPA du 23 janvier 2023

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La journée de grève et de mobilisation du 19 janvier a été un succès : les organisations syndicales ont compté plus de deux millions de manifestants et manifestantes, et même la police a reconnu que plus d’un million de personnes ont défilé. C’est plus que le 5 décembre 2019, au début du précédent mouvement pour les retraites.
La grève a été suivie dans des secteurs très divers du monde du travail : à plus de 50 % chez EDF, 66 % chez Enedis, 40 % chez Engie et GRDF, 70 à 100 % dans les raffineries de Total, près de 50 % à la SNCF dont plus de 75 % chez les conducteurs et conductrices, près de 70 % dans l’Éducation… Elle a aussi été suivie dans des usines de l’automobile et de la métallurgie, dans l’agro-alimentaire, à La Poste ou encore dans la presse !

Après ce succès, alors même que la journée avait été appelée tardivement par les organisations syndicales, celles-ci ont annoncé une prochaine journée de grève nationale non pas dès la semaine suivante, mais seulement le 31 janvier.

 

De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat !

Sans surprise, le gouvernement prétend toujours qu’il ira jusqu’au bout, car cette réforme serait « juste » et « nécessaire »… Que de mensonges ! Il n’y a rien de juste à exiger plus de temps de cotisation de la part des travailleurs et des travailleuses, alors que les capitalistes se gavent sur leur dos et que les riches sont toujours de plus en plus riches. Il n’y a aucune nécessité à nous faire trimer plus longtemps, alors que beaucoup n’arrivent déjà pas à faire des carrières complètes à cause des périodes de chômage ou de la durée des études qui s’allonge.

De l’argent pour financer les retraites, on peut en trouver. Si les femmes gagnaient, et donc cotisaient, autant que les hommes, cela apporterait 5,5 milliards d’euros supplémentaires aux caisses de retraite. Et que se passerait-il si les salaires augmentaient vraiment, pour suivre l’inflation ? Là encore, les milliards tomberaient.
Si nous reprenions au patronat ce qu’il nous vole, nous pourrions assurer l’avenir du système de retraites actuel… Et même revenir à un âge de départ à 60 ans, avec 37,5 annuités de cotisation, voire moins pour les métiers les plus pénibles et éreintants.

 

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

L’argent des retraites, c’est celui des cotisations des salariés. Ce n’est pas au patronat et aux gouvernements de décider de ce que l’on en fait : c’est à nous seuls, nous qui faisons tourner la société au quotidien.

Dans une économie qui produit toujours plus, il devrait être normal que ceux et celles qui créent les richesses par leur travail profitent de plus de temps de repos…
C’est aussi une mesure logique : comment dire aux jeunes de cotiser plus longtemps, si les boulots sont encore occupés par les plus âgés ? Ou comment dire aux plus âgés de rester au boulot plus tard, si leurs patrons embauchent des jeunes ? Si on travaillait moins, on pourrait travailler tous, et mieux !

 

Tous et toutes ensemble : grève générale !

Cette réforme est une étape de plus dans l’offensive contre les droits des travailleurs et travailleuses, pour le seul profit des capitalistes. À qui doivent profiter les richesses ? À la minorité qui tient l’économie ou à la majorité qui fait tout fonctionner ?

Sans nous, rien n’est possible. C’est ce que nous montrons quand nous sommes en grève. Il faudra donc l’être plusieurs jours de suite. Des syndicats, comme dans l’Éducation, appellent à démarrer une grève reconductible le 31 janvier. Dans les raffineries et l’énergie, ce sera à partir du 6 février.

À nous de décider de nos rythmes et de nos moyens d’action’ : partout, nous devons réunir des assemblées générales, dans nos lieux de travail, ainsi qu’à l’échelle des villes ou des départements, de manière interprofessionnelle. Ces AG nous permettront de nous organiser ensemble pour étendre la grève reconductible, faire grossir les rangs des manifestations, mener des actions et bloquer le pays… jusqu’à ce que le gouvernement n’ait d’autre choix que de céder !

Éditorial du NPA du 23 janvier 2023

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