Paysans, salariés du public et du privé : c’est aux capitalistes et à leurs représentants qu’il faut s’en prendre !

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Il n’aura fallu que quelques heures après les annonces d’Attal pour que la quasi-totalité des barrages d’agriculteurs, à l’appel de la FNSEA et de la Coordination rurale, soient levés. Seule la Confédération paysanne a appelé à poursuivre les actions, et là, la police de Darmanin est vite intervenue pour faire lever les barrages. Attal a promis une « pause » sur le plan « Écophyto » de réduction des pesticides, de diminuer le nombre de jachères et de rétablir les subventions sur le gasoil non routier (GNR) pour les tracteurs. Bref, le gouvernement se sert de « l’écologie punitive » comme bouc-émissaire, pour mieux épargner les géants de l’agrobusiness, que ce soient les banques, les industries agro-alimentaires ou les grandes surfaces. Il leur est juste demandé de… mieux respecter la loi ! Une loi qui a bien montré qu’elle est incapable de garantir un revenu à ceux qui travaillent la terre.

Comment expliquer alors que les barrages routiers aient été si rapidement levés ? Tout simplement parce que, dans cette mobilisation, se trouvaient aussi bien les petits agriculteurs, écrasés par les dettes, vivant en dessous du Smic, pressurés par les grands capitalistes… que des dirigeants de véritables empires de l’agrobusiness, tel Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, dirigeant de la multinationale Avril – les huiles Lesieur, Isio4, Puget… Il est même le président du conseil d’administration de Sofiprotéol, une société de… crédit aux agriculteurs ! Pas étonnant que ces messieurs-là ne veuillent surtout pas qu’on s’en prenne aux banques et aux grands capitalistes !

La colère paysanne a ravivé la colère ouvrière

Il n’empêche, l’explosion de colère des paysans a suscité une profonde sympathie chez les travailleurs et travailleuses. Le slogan « vivre et pas survivre » résonne avec la stagnation des salaires et la hausse des prix de la vie courante dans les villes. On pouvait voir de nombreux clins d’œil aux blocages paysans dans les manifestations bien fournies de l’Éducation nationale du 1er février. Pour sûr que les mensonges, l’arrogance et le mépris de la nouvelle ministre, Amélie Oudéa-Castéra, ont dû jouer. Côté vie privée : elle contourne le système pour placer ses enfants à Stanislas, école privée de luxe, catholique intégriste. Côté vie publique : elle annonce de nouvelles mesures renforçant le tri social et l’encasernement de la jeunesse, avec les « groupes de niveau » dès le collège, et la généralisation du service national universel au lycée. Le tout sur fond d’établissements délabrés, de salaires qui stagnent et de crise de recrutement – ceci expliquant cela. Là encore, il faudrait déjà augmenter les salaires pour qu’on puisse recruter ! La grève a été particulièrement bien suivie jeudi dernier, et les suites sont en cours de discussion et de préparation dans les établissements. C’est bien la mobilisation de tout le secteur, de la maternelle au lycée, qui est posée.

Des mobilisations auront également lieu dans les jours et les semaines qui viennent à la SNCF, à la RATP, dans les centres de tri de la Poste. Là aussi, l’exigence, c’est l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail, pour pouvoir vivre dignement de son travail dans de bonnes conditions !

Pour un mouvement d’ensemble !

Cette ébullition vient de toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus des fins de mois qui commencent le 5, qui n’en peuvent plus de se tuer à travailler pour ne pas gagner sa vie. Oui, plus que jamais, dans le public comme dans le privé, à la ville comme à la campagne, c’est l’augmentation générale des salaires et des revenus de ceux qui travaillent qui est à l’ordre du jour : 400 euros d’augmentation pour tous ! Pas un seul salaire en dessous de 2000 euros ! Et, pour imposer une telle mesure, c’est bien un mouvement d’ensemble des salariés, de la jeunesse et des paysans exploités qu’il faudra.

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