
La jeunesse en première ligne face à la répression, à la criminalisation et à la marche à la guerre
Le 16 avril dernier, une large mobilisation unitaire a eu lieu dans les universités parisiennes pour s’opposer fermement à la proposition de loi Yadan, qui devait être examinée le même jour à l’Assemblée nationale. Cette mobilisation étudiante s’inscrit dans un contexte beaucoup plus large, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient et des exactions perpétrées par le gouvernement de Nétanyahou, avec l’appui militaire des États-Unis. C’est dans un contexte de guerre généralisée au Moyen-Orient, en Palestine, au Liban et en Iran, que la loi Yadan intervient.
Cette loi réaffirme le soutien de l’État français envers l’État d’Israël, après la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. Cette loi vise ainsi à criminaliser tout soutien à la Palestine, en l’assimilant à de l’apologie du terrorisme, et à condamner toute critique politique de l’État d’Israël, assimilée à de l’antisémitisme. Ce qui a pour effet de faire porter les responsabilités d’un État à l’ensemble de la communauté juive, ce qui ne manquera pas de raviver tous les discours antisémites.
Face à cette attaque du gouvernement, les secteurs mobilisés de la jeunesse ont manifesté leur opposition en bloquant plusieurs facs parisiennes, comme La Sorbonne, Paris 8 ou encore Sciences Po, pour n’en citer que quelques-unes. Mais la répression n’a pas manqué, notamment à Paris 8, où une intervention policière a été déjouée par la ténacité des étudiant·es mobilisé·es.
L’idée était de faire converger les étudiant·es et les professeur·es des universités vers le rassemblement organisé devant l’Assemblée nationale par Europalestine, dont la porte-parole, Olivia Zémor, a été condamnée par le tribunal de Paris. Cette mobilisation a été un succès. Grâce à la mobilisation, le gouvernement a décidé le report de l’examen de la loi au 22 juin prochain, mais il ne s’agit là que d’un succès partiel. Il faut amplifier la mobilisation, en lien avec les travailleur·euses et la jeunesse pour repousser l’offensive du gouvernement jusqu’au retrait total de la loi.
Le retour de la guerre fait les poches des travailleur·euses
Le retour de la guerre a été une aubaine pour les industriels du pétrole, qui n’ont pas hésité à faire flamber le prix de l’essence. Le 14 avril dernier, une grève a eu lieu sur les sites Total de La Mède, Grandpuits, Oudalle et la plateforme Normandie, à l’initiative des syndicats de travailleur·euses, qui demandent un prix plancher de l’essence à 1,50 € le litre.
En effet, si le prix de l’essence a augmenté pour atteindre environ 2 € le litre, le pouvoir d’achat des travailleur·euses n’a pas augmenté en conséquence, car les salaires stagnent. Cela revient à faire retomber le poids de la crise économique sur le dos des travailleur·euses et à continuer de leur soutirer de l’argent. Il est clair que la grève du 14 avril dernier était le premier signal d’alarme des classes exploitées qui disent stop aux industriels du pétrole qui se font de l’argent sur leur dos tandis qu’eux s’appauvrissent.
Dans ce contexte, il faut s’inspirer de la mobilisation des dockers de Gênes, en Italie, qui avaient eux aussi protesté contre les conditions économiques provoquées par la guerre au Moyen-Orient. Ces derniers sont même allés jusqu’à bloquer l’envoi d’armes depuis l’Italie vers Israël. Leur mobilisation fut victorieuse, notamment parce que la jeunesse s’en était mêlée et avait rejoint les dockers lors de leurs assemblées générales, mais aussi dans la grève générale qui avait réussi à paralyser l’État italien.
Pour un 1er mai de lutte internationaliste contre la guerre impérialiste !
Il faut construire une riposte qui mette en lien étudiant·es et travailleur.euses. La journée du 1er Mai, fête internationale des droits des travailleur·euses, est le moment idéal pour construire une mobilisation massive pouvant faire reculer le gouvernement, qui cherche également à supprimer le 1er mai comme jour férié.
Nous devons faire du 1er mai une journée de mobilisation internationale de lutte contre la marche à la guerre et la militarisation, pour exprimer toute notre solidarité internationaliste avec les peuples du Moyen Orient.
Cette mobilisation doit se construire internationalement, pour lutter contre le génocide en Palestine et contre la guerre impérialiste au Liban et en Iran. Nous serons dans la rue avec la force du courant de jeunesse anticapitaliste international Ya Basta !, qui se mobilise actuellement dans les universités contre l’extrême droite.
Socialisme ou Barbarie appelle à un 1er mai de lutte contre la marche à la guerre, l’extrême droite et contre la loi Yadan jusqu’au retrait total de cette dernière. Construisons un 1er mai de lutte, ouvrier, anticapitaliste et internationaliste. Rejoins-nous le 1er mai dans la rue !

