
Ce mardi 15 septembre 2026, durant l’intervention organisée par le comité d’action contre Bienvenue en France de Paris 8 devant notre université, plusieurs étudiant·es mobilisé·es, dont des militant·es de Socialisme ou Barbarie, ont reçu des coups et des blessures de la part d’individus violents.
Au vu de la gravité de ces faits, avec Socialisme ou Barbarie Paris 8, nous avions proposé à l’Assemblée Générale du Comité d’Action du mercredi 16 septembre de publier un communiqué public pour dénoncer ces faits inadmissibles dans le cadre de la mobilisation du 15 septembre.
Malgré l’accord démocratique de la majorité de l’Assemblée Générale pour dénoncer ces violences, Le Poing Levé a proposé une petite commission à huis clos dans laquelle ils ont enlevé tout le contenu de dénonciation politique du communiqué et publié à la place un communiqué vidé de contenu sur le compte du Comité d’Action Paris 8.
Nous partageons donc ici la version originale avec la dénonciation des violences et nous invitons fraternellement les camarades à revoir leur posture et à dénoncer ensemble fermement toutes violences faites à l’encontre des étudiant·es mobilisé·es, y compris quand iels ne sont pas des militant·es de leur organisation.
Non aux agressions envers les étudiant·es mobilisé·es contre Bienvenue en France à Paris 8 !
Communiqué proposé par la jeunesse anticapitaliste de Socialisme ou Barbarie à l’ensemble des organisations étudiantes de l’Université de Paris 8 suite aux agressions envers nos camarades du 15 septembre.
Ce mardi 15 septembre 2026, durant l’intervention organisée par le comité d’action contre Bienvenue en France de Paris 8 devant notre université, plusieurs étudiant·es mobilisé·es ont reçu des coups et des blessures de la part d’individus violents (dont un BDE proche de la présidence). Il s’agit d’une agression d’une violence inédite qui cherche à casser la mobilisation contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université.
Plusieurs étudiant.e.s mobilisé.e.s, dont des militant·es syndicalistes et de Socialisme ou Barbarie, se sont retrouvé·e·s bousculé·e·s, frappé·e·s et insulté·e·s. Les agressions étaient d’une telle violence que l’une de nos camarades s’est retrouvée à l’hôpital pendant le reste de la journée, suite à une confrontation brutale, où cette dernière s’est retrouvée frappée à même le sol, ce qui l’a fait entrer en état de choc post-traumatique.
Un autre étudiant mobilisé s’est retrouvé emporté dans un mouvement de foule qui l’a plaqué contre le cadre de la porte d’entrée de l’université où sa jambe gauche s’est retrouvée écrasée par des individus qui forçaient l’entrée de l’université. Suite à cela, ce camarade continue de boiter encore aujourd’hui.
La mobilisation du comité d’action de Paris 8 a été organisée en réponse à la circulaire du gouvernement Macron sur la loi “Bienvenue en France”, qui prévoit l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiant.e.s étranger.e.s entre 2000 et 4000 euros.
Cette mesure raciste se place dans le contexte où le Sénat a annoncé publiquement, qu’il envisage d’examiner le rapport Roussel (ancien président de l’université Gustave Eiffel)-Fournel, qui prévoit, en réponse à la crise budgétaire de l’enseignement supérieur, une augmentation généralisée, allant de 900 à 1300 euros l’année de formation.
A Paris 8, malgré la revendication arrachée par le mouvement étudiant durant l’année passée de l’application d’une exonération “automatique et sans conditions” des frais d’inscription différenciés pour les étudiant·e·s étranger·e·s, la présidence de notre université n’a pas tenu parole.
Dès ce début d’année plusieurs cas d’étudiant·e·s étranger·e·s si ce n’est une grande partie d’entre elleux ont dû s’en remettre à payer des frais différenciés à des prix exorbitants, ce qui trahit ce que la présidence avait promis au mouvement étudiant.
Dans ce même sens, nous avons découvert en ce début d’année que l’exonération n’était donc pas automatique, et qu’il fallait en faire la demande en remplissant un formulaire difficilement accessible sur le site de l’université, car l’information n’a pas circulé chez les principaux concerné.e.s.
Également, suite aux coupes budgétaires, l’université se retrouve dépossédée de personnels pour régulariser la situation des étudiant·es sans facs. Les files d’attente pour les dérogations atteignent des records où des milliers d’étudiant·es s’amassent et passent la journée parfois entière à attendre à ce que l’on reçoive leur dossier, le plus souvent sans succès.
Cette situation est inadmissible et nous la dénonçons fermement. Nous revendiquons une fac ouverte à toutes et à tous, où ni l’origine éthnique ou sociale définit si nous avons le droit à l’accès à l’éducation supérieure et à quel prix.
Évidemment la présidence de l’université de Paris 8 se rend complice du désert administratif auquel les étudiant.e.s sans facs sont confronté.e.s, complice par son inaction, par le fait de ne pas avoir prévu des campagnes d’embauche de personnels administratif conséquentes pour prendre en charge ces dérogations, et par une période de dérogation beaucoup trop courte. Et complice des politiques classistes et racistes du gouvernement Macron.
Cette situation conduit à un sentiment général de révolte chez les sans-facs et nous les soutenons. Mais il ne faut pas être naïf, cette situation est voulue par l’université de Paris 8, pour répondre aux politiques nationales qui leur sont imposées.
Les violences qui se sont déroulées lors de la manifestation du 15 septembre sont les conséquences des politiques de précarisation de l’enseignement supérieur.
Alors, avec le comité d’action de l’université de Paris 8, nous revendiquons un allongement de la période de prise en charge des dérogations, car aucun.e étudiant.e ne devrait se retrouver sans université.
Nous revendiquons également la mise en place de l’exonération automatique des frais d’inscription pour les étudiant·e·s étranger·e·s et un positionnement public de la présidence de l’université contre l’augmentation généralisée des frais d’inscription et contre les politiques austéritaires et racistes du gouvernement.
Car étudier est un droit, pas un privilège !

