Les conducteur·ices de bus en grève contre l’ouverture à la concurrence

Face à la privatisation de leurs dépôts et la dégradation de leur conditions de travail, les conducteur·trices de bus de Keolis se sont mis en grève les 10 et 11 septembre.

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Ces jeudi et vendredi 11 et 12 septembre, plus de 500 travailleur·euses des bus IDFM se sont mis en grève sur les dépôts d’Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine, affectant une quinzaine de lignes de bus du Sud parisien. Cette grève est en réaction à la dégradation des conditions de travail des agent·es suite au transfert de la RATP vers Keolis.

Keolis, filiale privée de la SNCF a remporté en juillet 2025 l’appel d’offres pour l’exploitation des bus du territoire de Seine Orly. Depuis le 1er août 2026, Keolis est ainsi l’exploitant de 28 lignes de bus répartis sur 4 dépôts et desservant 34 communes de la banlieue sud.

Ce transfert fait suite au processus général d’ouverture à la concurrence des transports d’Île-de-France. Les nouvelles lignes de tramway T9, T10, T11, T12, T13 et T14 ont été les premières touchées, opérées par des entreprises privées dès leur première mise en service. Cas similaire pour les futures lignes de métro 15, 16, 17 et 18 du Grand Paris Express. C’est ensuite au réseau historique de la RATP et de la SNCF d’être découpé en lots et soumis à des appels d’offres, les bus sont les premiers touchés, ce sera ensuite aux transiliens, tramways, RER et métro de 2030 à 2040.

La majorité des repreneurs des lignes sont des filiales privées d’entreprises publiques, comme c’est le cas de Keolis. Sur le réseau bus c’est RATP Cap, filiale privée de la RATP, qui reprend 70 % du réseau de bus. D’autres entreprises comme RATP Dev (autre filiale privée de la RATP), Transdev, ATM se partagent les 30 % restants.

Les milliers de travailleur·euses affectées par ces transferts se sont vu proposés un « sac à dos social », leur permettant préserver les acquis de leur ancien statut de salarié·e de la RATP comme le calcul de la retraite et la couverture santé. Mais le salaire RATP ne sera assuré que pour une période indéterminée. Ce dispositif ne concerne que les agent·es recrutés par la RATP avant 2023, en plus de préserver l’ensemble des attaques sociales commises par cette dernière les années précédentes.

C’est aussi les conditions de travail qui se sont immédiatement dégradées avec le changement de direction. Les plannings se retrouvent changés du jour au lendemain, les contraintes personnelles ne sont plus prises en compte, certains conducteur·trices sont réassignés à de nouvelles lignes à la dernière minute. Les nouveaux logiciels mis en place ne sont toujours pas opérationnels, ils ont ainsi causé un retard dans le versement de la première paye.

Les travailleur·euses des deux dépôts en grève revendiquent une stabilité des plannings, ainsi que la fin des trois jours de carence en cas d’arrêt maladie. De son côté Keolis tente d’intimider les grévistes en qualifiant cette grève d’illégale. Aucun des syndicats sur les sites n’est actuellement représentatif du personnel, car les élections professionnelles de la nouvelle entreprise n’ont toujours pas eu lieu. Les syndicats n’ont ainsi pas la possibilité légale de déposer un préavis de grève.

La droite régionale de Valérie Pécresse et les nouvelles directions privées pensaient que la privatisation diminuait la combativité des travailleur·euses du secteur des transports. Ceux-ci leur ont montré le contraire, aucune attaque sur notre classe ne reste sans réponse. La grève des conducteur·trices d’Ivry et Vitry fait partie des nombreuses mobilisations contre la privatisation des transports franciliens, comme à Cergy fin 2025. La mobilisation de l’ensemble du secteur est nécessaire pour faire face à la destruction du service public de transport qui s’annonce les années suivantes.

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