Attentat raciste à Trappes : stop à la banalisation de l’extrême droite

La semaine de battage médiatique sensationnaliste après le 17 octobre, stigmatisant comme à l’accoutumé les jeunes de banlieues a eu sa réponse : un homme d’extrême droite avec des problèmes psychiatriques a commis un attentat raciste à Trappes. Un jeune homme noir de 26 ans a été tué, une jeune fille de 12 ans a été criblée de balle, quatre autres personnes ont été blessées.

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Rassemblement à Trappes après l'attentat, avec la banderole portant la mention
Rassemblement à Trappes après l'attentat, avec la banderole portant la mention "Les mots tuent"

Comme dans un safari, Kevin T., l’auteur présumé du meurtre de Pengo Bossio Wangi, a tiré en rafales depuis sa voiture avec pistolet-mitrailleur dans les villes des Yvelines de Trappes et La Verrière, ce vendredi 23 octobre. Il a tué Pengo, de nationalité française et d’origine congolaise, et blessé cinq autres personnes. Les victimes ont été ciblées pour leur couleur de peau : la jeune fille de 12 ans comme deux autres hommes sont d’origine africaine.

Le RN allume le feu, les médias l’attise

Le discours du suspect pendant sa garde à vue ne laisse pas de place au doute sur ses motivations. Il a déclaré aux policiers que la casse du 17 octobre et son envie de s’en prendre à des étranger·es l’avait poussé à agir : « J’en avais marre d’eux », a-t-il dit aux sujets des personnes d’origine africaine. Il s’est aussi félicité d’avoir « vengé les commerçants ». Le rôle des médias mainstream dans ce passage à l’acte, comme CNews et France Info qui sont allés jusqu’à faire passer des images tournées en Albanie pour des manifestations françaises, est évident et évoqué par le suspect lui-même. En concentrant le maximum de temps d’antenne sur les images de casse de vitrines et de feu de poubelle au détriment des revendications des jeunes et du monde du travail, les médias de la bourgeoisie créent des monstres ou les réveillent.

Cette tuerie est aussi survenue la veille du congrès national du Rassemblement National (RN) à Orléans. Une contre-manifestation a rassemblé entre 13 000 et 26 000 personnes pour rappeler comme la diffusion continue du discours de haine du parti d’extrême droite a un impact sur la montée des violences racistes. 

Mais que font les Renseignements généraux ?

Ce qui est étonnant dans ce drame, c’est que le suspect n’était pas particulièrement suivi par les services de police, après ses quatre condamnations. La perquisition réalisée chez le suspect a révélé qu’il avait piégé son appartement avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. Le livre d’Adolf Hitler Mein Kampf (Mon combat) y a été retrouvé. Pendant que les policiers des Renseignements généraux (RG) s’occupent à envoyer des messages douteux pour infiltrer le mouvement lycéen sur Snapchat, les militant·es de l’extrême droite s’arment d’armes de guerre (voir notre article sur l’affaire Aramburu). 

Macron fait mine de  découvrir le racisme

Macron a réagi au meurtre en le qualifiant d’« acte terroriste raciste ». Il a évoqué un « tournant » pour le pays en prétextant que « c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Certainement que les professeur·es d’Histoire de Macron ont fait l’impasse sur bon nombre de chapitres.

La liste des actes terroristes racistes ayant sévis en France est pourtant longue, à commencer par un exemple que nous avons commémoré la semaine dernière. Le 17 octobre 1961, la police française massacrait des manifestant·es algérien·nes opposé·es au couvre-feu qu’iels étaient les seul·es à subir, environ 120 d’entre-elleux ont été tué·es par la police de Papon et de Gaulle sur cette période.

Les 26 et 27 mai 1967, c’est en Guadeloupe que l’État français massacre des ouvriers noirs lors d’une grève des ouvriers du bâtiment à Pointe-à-Pitre. La police tire à balles réelles sur une manifestation pacifique, faisant entre 87 et plus de 100 morts. Certainement que pour Macron, l’Etat ne peut certainement pas être responsable d’actes terroristes racistes. 

Mais l’Etat colonial n’a pas l’apanage des actes de terrorisme xénophobes. Le terrorisme d’extrême droite a aussi frappé de très nombreuses fois en France. Médiapart recense que « Huit personnes ont été tuées ces quatre dernières années par des militants d’extrême droite. ». Mais la pire période des attentats racistes est certainement celle de l’Organisation armée secrète (OAS) qui a perpétré plusieurs centaines d’attaques contre les populations algériennes. Déclarer que c’est la première fois qu’un attentat terroriste raciste est commis en France est une provocation de plus de Macron, qui crache aussi sur toutes les affaires de violences policières racistes de ses mandat.

L’extrême droite et la police tue

Une de ces affaires de crime raciste de la police avec Macron au pouvoir revient d’ailleurs sur le devant de la scène. Ce lundi 26 octobre débute le procès des quatre policiers accusés du meurtre de Cédric Chouviat, tué par asphyxie comme Georges Floyd cinq mois après, lors d’un contrôle policier le 3 janvier 2020. Comme Georges Floyd, Cédric a dit « J’étouffe », neuf fois. L’homme de mère d’origine marocaine a été arrêté alors qu’il travaillait comme livreur. Malgré la vidéo explicite où l’on voit le policier Michaël P. l’écraser au sol, les policiers comparaissent pour « homicide involontaire ». Ce procès a lieu six ans après les faits. La « justice de la République » est pourtant capable de bien plus de zèle quand il s’agit de jeter en prison des prolétaires accusés d’avoir volé des chaussures ou du lait infantile le 17 octobre. Ils sont déjà derrière les barreaux après des comparutions immédiates.

Comme l’écrivait La Fontaine en 1678, « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. ». Et que vous soyez blanc ou noir, les jugement de cour vous rendront puissant ou misérable. L’adage n’a pas changé depuis, sous le règne de Macron.

La violence ne nous fera pas taire : toustes dans la rue pour nos droits et contre la xénophobie

Poursuivons les mobilisations pour mettre fin aux spéculations racistes de l’extrême droite, à l’Etat policier, à la propagande xénophobe assénée en boucle sur les médias de l’Etat et des milliardaires. Pour qu’il n’y ait plus d’affaires Pengo Bossio Wangi, Adama Traoré ou Nahel Merzouk, occupons la rue le 31 octobre, le 5 novembre pour la grève, et à toutes les autres dates auquel appellera notre camp social : celui des travailleur·euses internationalistes.

 

Lire aussi

Le RN collectionne les scandales, la presse bourgeoisie passe l’éponge.  Par Ella Bailleul, le 13 septembre 2026

Sources

Attentat raciste de Trappes : le tireur présumé a dit avoir voulu venger les commerçants pillés le 17 octobre et avoir ciblé des personnes selon leur couleur de peau – Le Monde

Procès – Après sept ans de procédure, l’affaire Cédric Chouviat, mort par asphyxie lors d’un contrôle policier, enfin devant la justice – Libération

www.mediapart.fr/journal/france/251026/l-extreme-droite-tue-de-plus-en-plus-en-france

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