Le RN collectionne les scandales, la presse bourgeoisie passe l’éponge

Les scandales défilent, mais la caravane du RN passe. Proches du RN et de la police responsables du meurtre de Federico Martín Aramburu ou filmés en déversant des torrents d’insultes racistes dans l’exercice de leur fonction de policiers, les médias nationaux d’Etat et de la bourgeoisie ne semblent pas avoir envie d’enquêter sur les relations entre les militants de l’extrême droite, l’armée et la police.

0
5
César R., à gauche, brigadier-chef principal, membre du service d’ordre du RN, proche du maire Christophe Barthès, à droite. 7 février 2026 à Carcassonne. © Nathalie Amen Vals /L'indépendant
César R., à gauche, brigadier-chef principal, membre du service d’ordre du RN, proche du maire Christophe Barthès, à droite. 7 février 2026 à Carcassonne. © Nathalie Amen Vals /L'indépendant

Pour beaucoup d’autres partis, traîner des affaires de lien avec des meurtriers auraient été une mort politique. Mais la bourgeoisie semble s’accommoder des scandales du Rassemblement National (RN), qui représente pour elle une alternative possible à Macron pour 2027. Alors que les liens sont établis entre le GUD (Groupe union défense) et le RN, ils sont systématiquement tuent par les médias.

 

Meurtre de Federico Martín Aramburu : que fait la police, que fait la presse ?

Le 7 septembre s’est ouvert à Paris le procès de  Loïk Le Priol et Romain Bouvier, assassins du joueur de rugby international argentin Federico Aramburu. Romain Bouvier et Loïk Le Priol ont tiré respectivement quatre et six fois dans le dos de Federico Aramburu.

L’enquête révèle que le jour du meurtre, les deux militants d’extrême droite portaient un brassard de police. Comment se sont-ils procurés les sacoches, le casque de police de maintien de l’ordre, les insignes de brigades parisiennes et les cartes professionnelles de police que la perquisition a permis de retrouver chez eux ? 

La nuit du meurtre, survenu à six heure le matin, les assassins était en compagnie policier de la DRPJ (direction régionale de la police judiciaire), alors qu’ils avaient interdiection de circuler dans la capitale après un précédent procès. Les liens entre la police et ces individus violents, proches du GUD (Groupe union défense) et du RN sont évidents, mais les médias principaux semblent peu enclins à le dévoiler. Le Priol, ancien militaire fiché S, a pu intégrer les forces spéciales et être habilité « confidentiel-défense » malgré un lourd dossier de condamnations de violences physiques. Les liens entre l’extrême droite, la police, l’armée et la clémence des médias d’Etat et de la bourgeoisie à leur égard font froid dans le dos.

Ces liens rappellent une autre histoire qui a secoué les réseaux sociaux et les médias cette semaine. La vidéo de la caméra piéton d’un policier membre du Rassemblement National (RN), déclenchée alors qu’il déverse un torrent de propos racistes, misogynes, complotistes, transphobes lors d’une patrouille à Carcassonne a ému la toile.  

 

Carcassonne, forteresse de la haine et envers du décors du RN

La viralité de la vidéo diffusée dans le journal Midi libre a poussé le parti d’extrême droite à se séparer d’un de ses militants actifs, membre de son service d’ordre et proche du maire RN Christophe Barthès. César R., brigadier-chef, est entendu dans la vidéo espérant que la victime d’un accident de voiture est un enfant migrant « Kirikou », entre autres propos où toutes les femmes sont des « connasses ». 

Si les médias nationaux détenus par la bourgeoisie jouent le jeu de la dédiabolisation du parti des Le Pen, masquant souvent les liens des affaires avec le RN avec des crimes commis comme l’affaire Aramburu, la relation entre le brigadier-chef César R. et le RN est trop étroite pour être passée sous silence. Les représentants du RN ont toutefois eu tout le loisir de déclarer sur les plateaux qu’ils condamnaient les propos du policier, comme s’ils n’avaient pas connaissance et n’approuvaient pas le vocabulaire haineux de leur ancien militant. Pourtant, César R. faisait partie intégrante de l’équipe de protection de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. On peut difficilement croire qu’il était peu connu de son parti.

Comme brigadier fidèle au côté du maire de Carcassonne, il l’accompagne dans bon nombre de ses interventions, comme lorsqu’il distribue aux militant·es de la CGT des cartons de déménagement après avoir décidé de la fermeture de la bourse du travail de Carcassonne. 

L’enquête contre les quatre policiers présents dans la voiture lors de la patrouille est ouverte depuis décembre, la vidéo date de novembre 2025. Étonnamment, c’est seulement cette semaine que les policiers seront suspendus.

 

Reprenons la rue contre l’extrême droite, sa police et ses meurtriers

La seule façon que nous ayons de faire taire l’extrême droite qui essaye chaque jour à la tété, à la radio, de nous faire croire que les problèmes économiques proviennent des immigré·es, c’est de relancer les mouvements sociaux. Pour dénoncer les crimes et les insultes racistes, xénophobes, des proches du RN et de la police, reprenons la rue ! Nous ne pouvons supporter le climat de peur que les néonazis, néofascistes, cherchent à imposer par leurs démonstrations de violence. Ils sont minoritaires, et notre camp doit prendre confiance en sa force pour les balayer. 

Le Front National l’a rêvé, Macron le fait : le gouvernement veut faire passer sa loi de présomption de légitime défense pour les policiers. C’est est un projet de loi qui figure depuis longtemps dans le programme du Front national. Le 20 septembre, soyons toustes présent·es aux manifestations nationales pour rejeter la loi « permis de tuer » ! Retrouve-nous dimanche 20 septembre à 13h à République.

 

Sources

Meurtre d’Aramburú : les deux suspects et le RN, le récit d’une longue histoire Médiapart, Matthieu Suc et Marine Turchi, 6 septembre 2026 

https://contre-attaque.net/2026/09/10/derriere-lassassinat-daramburu-un-scandale-detat-et-des-complicites-policieres-evidentes/

 

Lire aussi

Assassinat du rugbyman Federico Martín Aramburu : un crime d’extrême droite Par la Rédaction, le 20 mars 2022

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici