
Après la manifestation historique du 17 octobre, le gouvernement Macron a durci la répression et les interdictions de manifester. Malgré cela, des manifestations réussies ont eu lieu les samedi 24 et 31 octobre, rassemblant des milliers de personnes. Macron est dans les cordes. Le mouvement social a une opportunité précieuse pour obtenir une grosse victoire de la mobilisation, pour en finir avec Macron et son monde. A partir de lundi, reprenons les assemblées générales, les blocus et les occupations. Construisons une grève générale pour dégager Macron et construire une autre société !
Macron dans les cordes : l’autoritarisme anti-démocratique comme seule réponse politique
Après plus d’un mois de mobilisation, la manifestation historique du 17 octobre a mis le gouvernement Macron en panique. La reprise des Gilets jaunes a complétement destabilisé le gouvernement avec une journée de mobilisation insurrectionnelle. Des syndicats de policiers sont même allés jusqu’à avouer que si les manifestations continuaient de cette manière, ils n’allaient pas pouvoir tenir. Depuis ce moment, la Macronie a enchaîné les discours disqualifiant la pertinence des revendications sociales, avec les condamnations des casseurs, des appels au calme et au dialogue, ainsi que les interdictions de manifestations et les couvre-feux.
Macron a tout fait pour casser la mobilisation. En premier lieu, il a essayé de réprimer avec une violence brutale. Depuis le début de la mobilisation, près de 10 000 interpellations ont eu lieu et des manifestant·es ont perdu la vie dans la rue. Dans son allocution du 18 octobre, qui était un véritable appel à la colère, il a essayé d’exprimer sa nouvelle doctrine : l’autoritarisme anti-démocratique comme seule réponse politique. Le gouvernement a donc essayé d’interdire les manifestations des samedi 24 et 31 octobre, avec des changements de parcours ridicules et des manœuvres judiciaires jusqu’à la dernière minute. A Paris, la Macronie a tout fait pour éloigner les manifestant·es du centre-ville, sans pour autant réussir à les empêcher de manifester.
Cette orientation autoritaire est loin d’arriver à faire peur ou à rétablir l’autorité du président des riches. Au contraire, elle est la preuve de la brutalité d’un gouvernement incapable de donner la moindre solution politique aux problèmes de la société. Selon des sondages, le président a près de 90% d’image négative et son isolement est total. Macron tient grâce à la force répressive de la police, raison pour laquelle il n’a pas accepté la démission de Núñez, le ministre responsable de cette répression. Tenir jusqu’au bout de son mandat en s’appuyant sur la force répressive comme seule réponse est un pari risqué pour le gouvernement. La logique d’aller jusqu’au bout de cette démarche montre la faiblesse d’un gouvernement moribond qui pourrait sauter d’une façon anticipée.
Bloquons tout : reprenons les assemblées, les blocus et les occupations !
Lundi 2 novembre sera l’occasion d’une reprise massive de la mobilisation après les vacances de la Toussaint. Il s’agit d’une opportunité fondamentale pour organiser la reprise en puissance d’une lutte qui est loin d’être finie. Le retour des lycéen·nes dans la mobilisation peut marquer l’intensification et la radicalisation des méthodes de lutte de l’ensemble des secteurs mobilisés. Dans ce sens, les appels des assemblées et des coordinations lycéennes à reprendre les blocus dès le lundi 2 novembre peuvent marquer la continuité d’une mobilisation qui peut encore continuer à grandir.
De la même manière, dans les universités, les étudiant·es commencent à organiser des assemblées générales pour la rentrée. La perspective doit être celle de la généralisation des occupations, à l’exemple de l’occupation de Paris 8 (entre les 12 et 17 octobre) et d’autres facs qui tiennent des occupations partielles jusqu’à aujourd’hui. Dans ce sens, toutes les initiatives qui encouragent l’auto-organisation, pour ne pas se contenter du calendrier routinier de l’Intersyndicale, sont les bienvenues. Les facs doivent devenir de véritables universités ouvertes et populaires pour devenir un centre d’organisation pour les jeunes et les travailleur·euses mobilisé·es. Les assemblées générales, les blocus, les occupations, ainsi que les coordinations locales, régionales et nationales sont à reprendre massivement depuis cette rentrée pour massifier, politiser et organiser la lutte jusqu’à la victoire.
Le 5 novembre, la classe ouvrière et le spectre de la grève générale
Il est clair que la politique de l’Intersyndicale depuis le début de la mobilisation a été à minima tiède et questionnable. Par exemple, lors de la journée de mobilisation du 13 octobre, l’Intersyndicale a fait valider un parcours alternatif pour ne pas se joindre aux cortèges de la jeunesse en direction de Matignon. De la même manière, elle a évité jusqu’ici toute convergence avec des salarié·es en lutte pour la généralisation de la grève. Lors des dernières manifestations parisiennes massives, les grands syndicats ont presque été absents dans la rue.
En effet, les centrales syndicales n’ont pas accompagné la mobilisation de la jeunesse avec toute la force de frappe dont elles disposent. Si le gouvernement arrive à tenir jusqu’ici, malgré ses difficultés, c’est aussi grâce aux stratégies perdantes des directions syndicales bureaucratiques. Dans ce sens, le rôle pathétique de la CFDT (principal syndicat de France en nombre d’adhérent·es) est particulièrement désolant, acceptant ouvertement le dialogue avec le gouvernement autoritaire et condamnant avec lui la violence des manifestant·es.
Cependant, le paradoxe de la situation réside dans le fait que la journée du 5 novembre, initialement prévue comme une date très lointaine dans le calendrier de l’Intersyndicale, représente une opportunité inédite pour provoquer une entrée massive de la classe ouvrière dans la lutte. De cette manière, la date du 5 novembre apparaît comme une opportunité précieuse pour bloquer le pays (y compris contre la volonté des organisateurs), déclencher la grève générale et faire converger massivement étudiant·es, lycéen·nes et travailleur·euses dans un même combat contre le gouvernement. Pour ces raisons, cette semaine ouvre une fenêtre fondamentale dans la lutte des classes : celle de l’irruption des travailleur·euses dans le combat contre la Macronie. Bloquons tout ! Occupons tout ! Arrêtons tout ! Construisons la grève générale jusqu’à la démission du gouvernement !
Samedi 14 novembre : Participe à la 2e Conférence anticapitaliste internationale !
La révolte en France est une source d’inspiration pour les jeunes et les travailleur·euses du monde entier en lutte contre les ravages du système capitaliste. Dans les dernières semaines, des manifestations massives de la Gen Z ont eu lieu aux quatre coins du monde : Brésil, Argentine, Inde, Maroc, Albanie, Serbie, Grèce, France, Espagne, Allemagne et Italie font partie d’une longue liste des pays mobilisés. Nous sommes face à un monde en ébullition qui voit l’émergence d’une nouvelle génération militante qui cherche à tout renverser. Face au capitalisme du XXIe siècle, la nouvelle génération est une source d’espoir pour les exploité·es et opprimé·es du monde entier.
C’est dans ce contexte que le courant international Socialisme ou Barbarie tiendra ce samedi 14 novembre à Paris sa 2e Conférence Anticapitaliste Internationale : « Révoltes dans un monde en ébullition ». L’événement aura lieu au café associatif de La Commune d’Aligre (3 rue d’Aligre, Paris) à 18h. En présence des invité·es internationaux et des militant·es de luttes en cours, participe à cette rencontre internationaliste pour unifier nos révoltes et construire une perspective anticapitaliste et révolutionnaire internationale !

