Quand les directions syndicales négocient dans le dos des travailleurs

Les directions syndicales font-elles toujours de leur mieux pour défendre les travailleurs ?

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Jeudi 29 septembre 2022, Paris, Manifestation intersyndicale pour l’augmentation des salaires. Copyright : Photothèque Rouge /Martin Noda / Hans Lucas

Les directions syndicales font-elles toujours de leur mieux pour défendre les travailleurs ? Des directions syndicales au Royaume-Unis qui mettent en pause la grève à la mort de la reine, des directions syndicales en France qui négocient avec Macron pour les retraites, la CGT qui s’attaque à un de ses propres syndicats historiques dans l’automobile… Ces exemples questionnent sur les objectifs réellement poursuivis par les directions syndicales et sur leurs limites que notre classe doit dépasser.

Dans cet article, nous critiquerons seulement les positionnements de syndicats qui entendent représenter la lutte de classe, les autres centrales syndicales complices du patronat sont de toute façon hors-jeu.

 

Tous ensemble, mais derrière moi

Alors que des grèves massives ont lieu dans les usines PSA-Stellantis, réunissant 4300 grévistes sur la journée du 28 septembre, la fédération de la métallurgie CGT veut la peau du syndicat historique CGT PSA Poissy de l’usine yvelinoise. La fédération CGT de la métallurgie a désigné de nouveaux représentants de l’usine Peugeot-Citroën de Poissy en janvier 2021, en écartant le militant Jean-Pierre Mercier notamment, qui est représentant syndical central et porte-parole de Lutte Ouvrière. Pourtant, les élections, vidéos à l’appui, ont désigné la liste de Mercier comme largement en tête. Les syndicalistes mèneraient donc une politique qui ne plaît pas à la bureaucratie de Montreuil, siège de la CGT ? Lors de l’interview de Jean-Pierre Mercier par Philippe Poutou, le syndicaliste a rappelé un fondamental : « S’il y a un endroit où les travailleurs doivent commander c’est dans leur syndicat ».

Un rassemblement aura lieu à Bobigny, tribunal du procès opposant le syndicat historique à la fédération métallurgie, le 20 octobre à midi. Courage à ceux qui se battent dans leur propre fédération pour défendre tout simplement leur autonomie dans la défense des travailleurs !

 

Je coupe la mobilisation, et je remets la grève

Les travailleurs ont mieux à faire que de s’opposer aux appareils syndicaux. Pourtant, ceux-ci ne leur facilitent pas toujours la tâche. Une fois la grève enclenchée, les syndicats souhaitent garder les rennes.

Dans l’article  Faire grève en monarchie, nous évoquions l’arrêt temporaire des mobilisations par les syndicats le temps d’enterrer la monarque. Les travailleurs ont depuis repris la rue. Le samedi 1er octobre a été le jour de grève le plus suivi de 2022 en réunissant 170 000 grévistes. Pourtant, la seule perspective que les grands dirigeants syndicaux proposent aux Britanniques, ce sont les élections parlementaires de 2024. D’ici là les travailleurs devront s’organiser pour mettre à l’amende leur gouvernement nostalgique de Thatcher.

 

Contre-réforme des retraites, circulez il n’y a rien à négocier

Le 4 octobre, toutes les centrales syndicales ont rendu visite à Dussopt, ministre du travail, pour discuter de la contre-réforme des retraites. Toutes aussi ont décidé de participer aux concertations avec le gouvernement sur la contre-réforme des retraites. Mais de quelle concertation parle-t-on quand le gouvernement a annoncé la couleur : tout sera bon pour faire passer leur contre-réforme libérale au plus haut point ? 49.3, dissolution de l’assemblée ou montage alambiqué, Macron dispose d’un second mandat pour nous resservir le projet que BlackRock lui a soufflé. Cette multinationale états-unienne gère des actifs et propose indirectement à ses clients de compléter leur retraite par l’épargne retraite, comme si nous ne cotisions déjà pas pour… La France représente une belle manne pour cette entreprise, si la retraite par répartition est abandonnée au profit de la retraite à points. Pour vous donner des frissons, vous pouvez visiter leur site où ils expliquent comment ils soutiennent le programme de Macron. Nous nous demandons bien ce que les syndicats peuvent négocier quand l’Etat capitaliste et leurs partenaires d’affaires ont déjà ficelé le démantèlement de notre régime de retraite. Pour laisser ce projet nauséabond aux oubliettes, mobilisons-nous, développons les grèves. Pour l’instant, il ne manque pas d’argent pour les retraites. A l’avenir et pour relever les pensions de retraites à 2000€ net, il sera nécessaire d’ouvrir les livres de comptes des entreprises et d’aller chercher l’argent du travail où il se trouve : dans les fameuses caisses du patronat. 

Alors à quand la prochaine ? La prochaine journée de grève interprofessionnelle reconductible nationale, et pourquoi pas internationale ? La grève des travailleurs sans-papiers de la livraison de colis dure depuis un an, des grèves sont en cours dans la pétrochimie depuis trois semaines et d’autres journées d’action sont prévues dans l’enseignement. Les travailleurs ont besoin de l’augmentation de leurs salaires, et c’est partout le cas. Alors unissons nos efforts. Embarquons l’ensemble de notre camp dans le bras de fer.

Dans cette période d’attaque de tous les acquis des luttes : retraites, assurance chômage, accès au soin et à l’éducation, écologie, la mobilisation, c’est sans modération ! 

 

Pétition et agenda

Signer la pétition de soutien au syndicat CGT PSA Poissy 

Rassemblement le 20 octobre pour le procès à Bobigny, vers midi avec des prises de parole, pour soutenir le syndicat historique CGT PSA Poissy.

Interview de Jean-Pierre Mercier sur l’Anticapitaliste : https://youtu.be/m2Pki4jGatc

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