CDI jeune : le Medef déclare la guerre à la jeunesse

Le Medef revient à la charge avec une de ses vieilles obsessions : précariser encore davantage la jeunesse pour démanteler le droit du travail pour toustes. Nous serons dans la rue si les menaces passent à exécution pour porter les revendication des jeunes travailleur·euses et étudiant·es !

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Manifestation 2006
Manifestation contre le CPE le 7 mars 2006 à Bordeaux - AFP, photo de Patrick Bernard

CDI jeunes : avec le Medef, l’imagination n’est pas au pouvoir

Fin janvier, le Medef (Mouvement des entreprises de France, organisation patronale) a ressorti une de ses idées fétiches : imposer à la jeunesse travailleuse un nouveau « CDI spécial jeunes » qui ne serait plus un contrat à durée indéterminée à proprement parler car pouvant être suspendu sans motif pendant trois ans. Ce serait une disposition plus précaire encore que le contrat à durée déterminée (CDD). 

 

Promo pour les patrons sur l’emploi des jeunes

Le patronat a aussi remis comme proposition aux centrales syndicales la mise en place d’un Smic jeune, qui serait inférieur au Smic national. Est-ce que le Medef a déjà entendu parler du principe de non-discrimination ?

Le patronat se sert du prétexte que le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans est de 19 % en 2025 selon l’Insee, alors que pour l’ensemble de la population il est de 7,7 %. La logique ne serait-elle pas de venir en aide aux jeunes, plutôt que de chercher à les précariser davantage ? Le Medef présente ses attaques sociales comme : « incitation à l’embauche et d’adéquation entre le niveau de rémunération et les compétences de primo-entrants ». Selon les patrons, le Smic à 1 443 € net par mois, c’est encore trop !

Si Patrick Martin, président du Medef, était rémunéré « en adéquation » avec ses « compétences de primo-entrants », lui qui n’a jamais fait rien d’autre que d’exploiter les autres, sa fortune personnelle n’atteindrait certainement pas 300 millions d’euros.

 

Historique des Smics jeunes

Les envies irrépressibles des capitalistes de s’offrir le travail des jeunes au rabais sont anciennes et reviennent régulièrement dans le musée des horreurs des propositions patronales. Si le Medef adore les nouveautés quand cela concerne l’innovation technologique, l’imagination lui manque quand il s’agit de nous rouler dans la farine. 

En 1994, le patronat cherchait à embarquer la jeunesse dans des « contrats d’insertion professionnelle », tout comme en 2006 où il avait resservi le plat froid avec le Contrat Premier Embauche (CPE).

Nous avons vu ressurgir récemment sur les plateaux télé Dominique de Villepin, ancien Premier ministre ressuscité qui avait essayé de faire passer le CPE. Une mobilisation massive de la jeunesse avait renvoyé dans les cordes son projet patronal. Quatre mois de mobilisation soutenue de la jeunesse et des travailleur·euses, avec des centaines de milliers de personnes dans les rues, des lycées et des universités bloqués, des journées de grève interprofessionnelles ont eu raison de la loi pour « l’égalité des chances » de Chirac. 

Mais en 1994 déjà, le contrat d’insertion professionnelle (CIP) prévoyait de rémunérer à 80 % du Smic les jeunes de moins de 26 ans ayant un bac+2 ou « moins » sous le même prétexte qu’aujourd’hui du taux de chômage des jeunes. La mobilisation a été massive et Balladur, Premier ministre de l’époque, a remballé sa copie. L’un des slogans de ces manifestations, « Papa, j’ai trouvé un boulot : le tien »,  expose bien la situation : embaucher des jeunes à bon marché et transférer le chômage des jeunes vers le chômage des travailleur·euses avec de l’ancienneté. 

Manifestation de la jeunesse de 1994 contre le Smic-jeunes
Manifestation de la jeunesse de 1994 contre le Smic-jeunes

Alors, ne laissons pas le Medef trier les travailleur·euses, les jeunes, les immigré·es, les femmes, les personnes en situation de handicap, soyons uni·es contre les exploiteurs ! 

 

La situation de la jeunesse aujourd’hui

La proposition du Medef de « CDI jeune » est déconnectée de la réalité étudiante d’aujourd’hui, alors qu’un jeune sur deux travaille pour pouvoir se loger, étudier et se nourrir. Cette offensive patronale est une tentative d’asphyxier toujours plus la jeunesse travailleuse et étudiante. Si les étudiant·es se doivent de travailler, c’est car les aides sociales, qui sont censées les dispensées de tout travail en dehors des études, ne leur permettent pas de pouvoir se loger suffisamment bien. 10,8% des étudiant·es d’aujourd’hui se sont déjà retrouvé·es sans logement alors que, dans le même temps, trois millions de logements CROUS sont vacants à l’heure actuelle. 

Soulignons également que ces aides ne permettent pas aux étudiant·es de se nourrir suffisamment : « ils sont 6 jeunes sur 10 pour qui sauter des repas chaque semaine est une « habitude ». Pire encore, 30 % d’entre eux se privent d’au moins 4 repas hebdomadaires, tandis que 20 % des étudiant.es ne mangent pas à leur faim. » (selon l’article de Diplomeo). Cela constitue un nouvel obstacle quant à l’obtention de diplôme universitaire et renforce la nécessité pour la jeunesse de trouver un travail, afin de compter sur un salaire fixe pour une condition plus stable.  

La proposition du Medef de fin janvier n’est clairement pas une tentative de réponse à la crise étudiante d’aujourd’hui, mais la continuation d’un projet politique d’une certaine classe politique. Cette annonce cherche au contraire à satisfaire l’appétit vorace de patrons en quête de toujours plus de profits. Alors que les trois-quarts des étudiant·es vivent sous le seuil de pauvreté, cette proposition du Medef n’est là que pour faciliter l’exploitation, et défaire toute protections sociales et syndicales des droits des jeunes travailleur·euses. Elle cherche donc à renforcer la précarité, qui est déjà à l’œuvre  pour les travailleur·euses et étudiant·es étranger·es : la multiplication des contrat non-déclarés, mais également la suppression des Aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiant·es étranger·es les menacent pour  la fin d’année 2026. 

Si le patronat cherche à nous imposer son « CDI » discount, son « Smic jeune » et autres arnaques, nous fêterons les 20 ans de la lutte contre le CPE dans la rue, par la grève et les blocages. Et nous enterrerons le « CDI spécial jeune » aux côtés du CPE de Villepin et du CPI de Balladur. 

 

Imposons nos revendications 

Face à la casse de la condition des jeunes travailleur·euses et étudiant·es, la jeunesse doit se doter elle-même d’une politique de classe. La jeunesse étudiante doit dénoncer les conditions de travail d’aujourd’hui, que ce soit : le paiement tardif des salaires, le non-respect des conditions du tarif salaire-horaires, le non-respect des disponibilités de temps de travail par les patrons, qui forcent les étudiant·es à faire la demande de dispenses d’assiduité auprès de leur formations. 

Les jeunes doivent également mettre en avant leurs propres revendications, comme la création d’un revenu étudiant universel financé par les caisses du patronat à hauteur du SMIC (1 443 euros net par mois), la protection des aides sociales et de logements (APL) pour l’ensemble du corps étudiant, y compris même étranger, la régularisation de toutes les personnes sans papiers, pour mettre fin à l’errance adminsitrative pour l’aquisition des logements, d’un travail et autres. Nous revendiquons aussi : la réquisition de tous les logements CROUS vides ; la rémunération des stages aujourd’hui non-rémunérés. A travail égal, salaire égal. Nous voulons aussi une université gratuite, publique ouverte à touste ! Finissons-en avec les frais de scolarités, la sélection raciste et classiste à l’entrée des facs, avec la suppression de Parcoursup, Mon master ou encore « Bienvenue en France » .

Portons ces revendications haut et fort, pour ne pas finir en chair à patron ! 

 

Sources : https://nvo.fr/cdi-et-smic-jeunes-la-cgt-les-etudiants-et-la-gauche-vent-debout-contre-la-proposition-du-medef/

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