Crise migratoire et polarisation à Ceuta

La diffusion massive de fausses informations sur internet a déclenché une arrivée de milliers de migrant·es sur les côtes de Ceuta. La crise migratoire bat son plein dans un climat de polarisation et de guerre des ressources.

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La pression Trumpiste marque le pas

L’intervention impérialiste des Etat-Unis est monnaie courante. Son impact va bien au-delà des épisodes connus des anciennes colonies il y a plusieurs décennies. Les facteurs d’instabilité de plus en plus présents sur le plans économique, politique mais aussi écologique nous placent dans une situation de rupture où la confrontation et la polarisation gagnent du terrain à grande vitesse. 

Le gouvernement Trump se caractérise par son agressivité, mais aussi par une ligne d’action qui joue tout autant sur les éléments d’incertitude et de conflits territoriaux entre les États. C’est en ce sens que la politique interventionniste de Trump commence à déborder du continent américain et se tourne vers l’Afrique, précisément vers un territoire non moins conflictuel que le Sahara occidental.

C’est dans ce sens que les approches trumpistes du gouvernement marocain ne sont pas seulement économiques, mais aussi géopolitiques et militaires. Donald Trump en profite pour faire  de la politique contre le gouvernement espagnol en utilisant de la propagande numérique et en instrumentalisant la jeunesse la plus précaire pour déclencher une nouvelle crise migratoire. 

Derrière ce mensonge macabre digne de Hunger Games, Trump fait de la diversion pour installer de nouvelles bases militaires sur le territoire marocain. Les troubles provoqués à Ceuta ont permis de légitimer un accord de financement pour un grand complexe industriel dédié à la production d’ammoniac et d’hydrogène. Simultanément, les ambassadeurs étatsuniens saluent et encouragent la construction du nouveau port de Dakhla en supprimant les droits de douane imposés au Maroc. Cette tendance vise clairement à s’emparer des ressources et de la position stratégique du Sahara occidental dans un contexte de lutte pour les ressources au service de la guerre.

 

Crise migratoire et crise politique

Golden Owl, une entreprise spécialisée dans l’analyse d’informations issues de sources ouvertes, a publié le 3 août un rapport basé sur l’analyse de 25 groupes et pages Facebook ainsi que d’autres réseaux sociaux, dans lequel elle a conclu que la mobilisation qui a précédé l’entrée massive à Ceuta s’inscrivait dans le cadre d’une opération de désinformation coordonnée et ne constituait pas un mouvement spontané. L’étude a mis en évidence une structure décentralisée composée d’un noyau de coordination sur des canaux privés, d’un réseau public de diffusion sur Facebook et de « micro-recruteurs » chargés d’attirer de nouvelles et nouveaux participant·es. Elle a également souligné le recours à des mesures visant à dissimuler l’identité des instigateurs ainsi que l’existence d’incitations financières liées à la mobilisation.

Le phénomène numérique a provoqué un afflux massif de personnes qui ont franchi la frontière, dont une grande partie à pied et une autre à la nage. Un événement historique, marqué par ses caractéristiques de manipulation numérique et de spontanéité. Elle a suscité la réaction immédiate des autorités espagnoles, lesquelles n’ont pas tardé à dissuader ces arrivées en renforçant tous les dispositifs frontaliers. L’événement a dépassé toutes les prévisions, provoquant un chaos immense. Des centaines de personnes ont perdu la vie dans les eaux et plusieurs dizaines d’agressions sexuelles ont été recensées, alors que les obstacles et le manque de coordination des opérations de rapatriement et des actions humanitaires ne parvenaient qu’à peine à pallier une situation qui ne cesse de s’aggraver depuis plus de dix ans.

La présence du parti d’extrême droite sur les lieux à provoqué une vague de réactions puisqu’elles s’ajoutent au climat de polarisation et de manipulation de certains groupes qui s’approprient des éléments de discours répétés dans les médias et qui répondent au phénomène croissant de l’extrême droite. Il ne s’agit pas d’une situation particulière en Espagne, où Vox a incité via les réseaux sociaux ses petits groupuscules à attaquer les migrant·es qui campaient sur les côtes. De leur côté, les organisations humanitaires ont fait leur part en dénonçant ces agissements et en démontrant une fois de plus leur incapacité à aller au-delà du programme social-démocrate du gouvernement qu’elles dénoncent à juste titre.

Dans ce contexte, des manifestations à caractère politique ont eu lieu début septembre  dans plusieurs villes espagnoles, notamment à Madrid, mais aussi à Tolède, Cáceres ou Barcelone. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer la gestion de Sánchez en ouvrant une nouvelle crise politique. Trump 1, Sanchez 0.

 

Pour combattre le fascisme : solidarité et organisation politique indépendante !

La mobilisation est essentielle pour reprendre possession de la rue et faire reculer l’extrême droite. Cependant, il ne suffit pas de dénoncer le gouvernement de Sanchez. Il faut se mobiliser en solidarité internationaliste avec les populations précarisées du monde entier, avec les jeunes dont les perspectives d’avenir sont anéanties par le capitalisme. Ces générations de jeunes n’ont rien à perdre, au point de traverser une frontière à la nage à la recherche d’un avenir meilleur. 

Il faut dénoncer le financement des frontières meurtrières de l’Europe-forteresse et le discours raciste de la préférence nationale qui alimente les États préparant le réarmement sous le couvert d’un patriotisme de pacotille. Organisons-nous indépendamment de ces secteurs dont le masque social-démocrate prétend se parer d’un habit progressiste, mais qui n’en reste un vestige du colonialisme du XXIe siècle. Organisons-nous aux côtés de l’anticapitalisme et de la jeunesse pour l’ouverture définitive des frontières et la libre circulation de toutes et tous.

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