
Ce jeudi 27 août 2026, les principaux candidat·es à la présidentielle étaient invité·es à participer à un débat présidentiel organisé par le MEDEF, principal syndicat patronal de France. C’est en commençant à parler d’augmentation de salaire que Jean-Luc Mélenchon s’est vu être moqué par l’ensemble du patronat français, ce qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux.
Une gauche de rupture toujours plus conciliante avec le patronat
La France Insoumise avec à sa tête Jean-Luc Mélenchon est entré en campagne en acceptant l’invitation du MEDEF. Ainsi pour toute la classe politique française, c’est la grande rentrée en campagne pour les présidentielles 2027.
Mais ce débat s’est constitué comme un moment de bascule pour la campagne de 2027. Dans le cadre de l’effondrement du centre politique, le dépérissement du Parti Socialiste et des Républicains, ainsi que de la fin du gouvernement Macron; la bourgeoisie organise ce débat afin de choisir son nouveau cheval sur lequel parier.
Jean-Luc Mélenchon cherche à convaincre le patronat de la petite, moyenne et grande bourgeoisie française. Face aux institutions et aux représentants de la bourgeoisie nationale, la France insoumise se voit dépossédée de toute once de radicalité. Là où il parle de nationalisation dans son discours au grand public, ici il parlera sans détailler de souveraineté économique, un langage qui résonne avec les intérêts du patronat.
Grand défenseur des mouvements de grève contre le rallongement du départ à la retraite en 2023, Mélenchon propose de revenir à la retraite à 62 ans « puis » à 60 ans. C’est une manière d’affirmer son programme économique tout en étant en conciliation avec le patronat. Il ajoute une forme de pallier à sa propre réforme, comme si c’était impossible de faire un retour immédiat à la retraite à 60 ans. Cette proposition vient trahir les aspirations qui avaient marqué le mouvement des retraites de 2023, ou ces derniers défendaient le maintien du départ à la retraite à 60 ans. Tout ça pour s’assurer les faveurs du patronat français quant à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027. Cet électoralisme vorace qui hante le mouvement insoumis en vient à les déconnecter des intérêts des masses qui se mobilisent face au gouvernement actuel.
En d’autres termes, la proposition de La France insoumise n’est pas de répondre aux intérêts des masses mais de trouver des compromis avec la bourgeoisie. Ils se placent dans un rôle de médiation, d’arbitre de la lutte des classes en menant une politique de compromis.
Mais il y a là un paradoxe. Comment La France insoumise peut-elle se définir comme un mouvement anticapitaliste si elle ne s’attaque ni au capital, ni aux capitalistes, mais au contraire cherche à réconcilier les classes d’en haut avec celles d’en bas ? Tout mouvement anticapitaliste ne cherche pas à faire dialoguer les classes mais se doit de lutter pour les abolir en tant que telles. Or les classes dominantes vous rient au nez.
Pour un anticapitalisme révolutionnaire comme alternative politique
A l’heure où la lutte contre le capitalisme se fait de plus en plus présente dans la jeunesse à l’international, il est évident que la lutte anticapitaliste est une lutte en proie à la récupération politique. C’est bien le cas des certains secteurs de la gauche qui ne cherchent pas à radicalement abattre ce système. Toutes les tentatives de mêler l’anticapitalisme au réformisme n’ont mené qu’à une seule chose : le sentiment d’impuissance, la démoralisation de certains secteurs de lutte et des dérives droitières.
Que ce soit en France avec François Mitterrand, qui dans la fin des années 70’ annonçait que tout membre du Parti Socialiste ne pouvait être membre que s’il concevait la rupture avec l’ordre établi et le système capitaliste, ou encore avec François Hollande, qui annonçait que son ennemi était la finance.
Peut-être que la rupture avec le système capitaliste, était sans doute de commencer les premières grosses privatisations et délocalisations des industries en plein milieu des années 80’ ? Peut-être que la meilleure manière de combattre la finance aurait été de donner les plus gros cadeaux fiscaux aux patrons et aux banques ? Peut-être que pour combattre la finance il fallait proposer la loi travail de 2016 ?
Mélenchon, vient prolonger cette même conciliation de classe avec le patronat. La démarche de se présenter au débat du MEDEF, pour venir rassurer les patrons, vis-à-vis de la croissance, de l’extractivisme sur les 5 continents, sur la pérennité du système et de garantir le calme dans les rues. Fait de Mélenchon non pas le candidat de la rupture mais bien celui de la continuité de la vieille gauche institutionnelle. .
Dans ce contexte, il est urgent de revendiquer un anticapitalisme qui soit révolutionnaire face aux propositions réformistes de la gauche institutionnelle et pour proposer une réelle sortie du système capitaliste. La solution se trouve dans la rue et non dans les urnes.

