Un printemps brûlant sous le capitalisme

50° en Inde, jusqu’à 15 degrés au-dessus des normales de saison en France : le monde est frappé de températures infernales. Des millions de travailleur·euses sont soumis·es à des conditions de travail et de vie difficiles sans que les gouvernements et les capitalistes s’en soucient.

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Chantier à Marseille, 2022

Le gouvernement français mets la canicule sous le tapis

Au moins huit personnes ont perdu la vie pendant la phase de canicule que nous venons de traverser en France. Parmi elles, un jeune ouvrier de 19 ans est décédé après avoir fait un malaise sur un chantier de toiture. Pourquoi les travailleur·euses du BTP, de la maintenance, de tant de secteurs très exposés, sont t’iels en activité aux heures les plus chaudes ? 

Aucune mesure n’est prise par le gouvernement, qui est même aller jusqu’à entraver l’organisme Santé publique France qui souhaitait déployer un dispositif de prévention. Lecornu, Premier ministre, l’a fait remplacer par un « plan de résilience », non déployé dans les délais. Dans le gouvernement de Macron « Champion de la Terre » 2017, on ne travaille ni sur l’urgence, ni sur la prévention, ni sur l’adaptation aux changements climatiques. Les programmes et services publics de l’Etat destinés à la « transition écologique » sont soit à l’arrêt, soit subissent des restrictions budgétaires drastiques (comme l’ADEME, l’OFB, MaPrimeRénov’, ONF, etc.)

Les questions sécuritaires et la marche à la guerre ont écrasé les enjeux écologiques dans l’agenda politique. Les logements et équipements publics sont par conséquent inadaptés : nous cuisons dans nos appartements, et les lycéen·nes de filière pro ont passé leur bac par 34° dans des établissements-fours. 

 

L’Etat répond à la crise climatique par la matraque

L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Le 28 mai, il a fait 37,2 °C à Perpignan, 36,6 °C à Bordeaux, 38 °C à Angoulême. Pendant que nous suffoquons, le ministère de l’intérieur ne trouve rien de mieux à faire que d’envoyer police et CRS réprimer la jeunesse qui se rafraîchit comme elle peut. Sur le canal Saint-Martin à Paris, la police a chargé les jeunes qui se baignaient et embarqué en garde-à-vue un jeune parce qu’il était torse nu. Des jeunes ont été verbalisés pour avoir nagé dans des cours d’eau. A quoi ont servi les millions pour rendre baignables les eaux de la Seine ? Les capitalistes se sont bien arrosés avec les investissements publics des Jeux Olympiques 2024, sans que cela « ruisselle » sur des équipements pour la population. Passé le cirque avec Oudéa-Castéra et Hidalgo, la Seine n’est plus baignable pour celles et ceux qui en auraient vraiment besoin.

Les médias des patrons ont profité du sujet central de la canicule cette semaine, non pas pour dénoncer les ravages du changement climatique, mais pour stigmatiser encore les populations les plus vulnérables à la canicule. Nous avons eu le droit aux sujets sur les jeunes des quartiers populaires qui prennent le train pour aller sur des plages où on ne les attendait pas (y aurait t’il une ségrégation sociale à l’œuvre ?), sur ces mêmes jeunes ouvrent les vannes d’eau des pompiers et qui plongent dans les canaux. Lorsque les amateur·ices de foot sortent pour célébrer la victoire du PSG lors d’une soirée les plus chaudes de cette canicule, iels sont de nouveau réprimé·es pour avoir exprimé·es leur joie sur la voie publique. 

Le gouvernement Macron nous fait trimer par plus de 34° sans laisser d’espace à un peu de joie de vivre et sans prendre aucune décision à court, moyen et long termes pour enrayer le changement climatique et adapter les villes. Ce qui l’intéresse davantage, c’est de chercher de nouvelles alliances avec des pays africains pour continuer de piller les ressources de ce continent, pétrole, métaux rares, etc., et alimenter son économie capitaliste.

 

Les impérialistes font la guerre au climat

L’accumulation du dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère généré par la combustion du pétrole, du gaz et du charbon accentue les phénomènes météorologiques extrêmes. Nous avons par exemple cette année connu en France à la fois des inondations et cette canicule.  

Pourtant, les guerres aujourd’hui témoignent bien du fait que les capitalistes n’ont aucune intention de remettre en question un modèle économique fondé sur l’exploitation extrême de ces ressources. Les conflits mondiaux, pour la plupart engagés par les Etats-Unis, se concentrent sur la domination de l’accès aux énergies fossiles : capture de Maduro au Venezuela (pays qui dispose de la plus grande réserve de pétrole au monde) guerre en Iran (4e pays au rang mondial producteur de pétrole), menaces sur le Groenland (13% du pétrole et 30% du gaz naturel mondial non découverts à ce jour), etc.

Trump tente de placer ses pions ostensiblement sur les régions du monde les plus riches en hydrocarbures, sans imaginer un autre développement économique pour son pays qui a tout misé sur la voiture individuelle, et qui subit pourtant de pleins fouet la pollution de l’air. La pollution atmosphérique est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité dans le monde.

 

Eteignons les capitalistes pour plus d’air frais

Pour imposer un nouveau paradigme où nos conditions de vie seront la priorité, contre la guerre et pour enrayer le changement climatique, nous ne pouvons compter que sur nos forces, de la jeunesse et du monde du travail. Si les capitalistes restent aux manettes, ils iront jusqu’au bout dans la dégradation du climat et de la Terre. Otons-leur tous moyens de nuire, pour nous baigner dans une eau lavée de leurs poisons. 

Pour construire de nouvelles perspectives pour notre camp, viens te mettre au frais du 27 au 30 août au 2e Week-end d’Été Anticapitaliste dans la forêt de Fontainebleau ! Inscris-toi pour débattre, te former et t’organiser contre l’exploitation capitaliste.

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