
La France métropolitaine est touchée par une importante vague de chaleur à la fin du mois de juin, avec des températures dépassant les 40°C. Le gouvernement et les capitalistes refusent de la mentionner, leur évitant la mise en place de défenses coûteuses, pour préserver leur profit mais au détriment de nos vies
Des épreuves du bac et du brevet sous haute température
Des centaines de milliers de collégien·nes, lycéen·nes et étudiant·es s’apprêtent à passer leurs épreuves de fin d’années dans des conditions inadaptées. Fin mai, les 195 000 candidat·es du bac professionnel ont dû passer leurs épreuves écrites sans aucun aménagement conséquent pour résister à la chaleur – plus de 35°C. Le ministère ayant tout simplement ignoré ce besoin, laissant la charge aux établissements et personnels de se débrouiller eux-même, résultant sur des solutions de secours insuffisantes. Les enseignant·es et chef·fes d’établissement ont dû faire avec leur propres moyens : ventilateurs personnels, bacs à glaçons, couverture de survie sur les fenêtres…
Pour les épreuves du brevet et bac général, si le ministère de l’éducation nationale a cette fois reconnu l’existence de la canicule et conseillé de prendre des mesures, il laisse cette charge aux collectivités territoriales en charge des établissements sans qu’aucun moyen supplémentaire ne leur soit alloué. Les aménagements pour les oraux du bac sont le strict minimum, ne concernant que 5000 lycéen·nes. Si cet acte est symbolique pour le gouvernement des actions qu’il aurait entrepris, pour nous il ne représente que le mépris envers les élèves des établissements publics.
Le manque de stratégie centralisée pour faire face à la vague de chaleur à des impacts réels : maux de tête, saignements et malaises. Loin de la réponse criminelle de l’État, nous sommes du côté des travailleur·euses de l’éducation et des élèves qui sont les plus à même de décider et de mettre en place les solutions nécessaires pour assurer leurs conditions de travail et d’étude.
Le travail continue sous des chaleurs mortelles
Ce sont aussi de très nombreux travailleur·euses qui vont devoir continuer leur activité les semaines qui arrivent dans des conditions insupportables. Que ce soit dans les bâtiments inadaptés aux fortes chaleurs ou les travailleur·euses qui sont en extérieur sans protection face au soleil.
Dans le BTP, les horaires et cadences restent les mêmes qu’en temps normal, avec des équipements de sécurité inadaptés. Cela expose les travailleurs·euses à d’importantes déshydratation et risque de malaise lors des tâches physiques. Le manque de moyen pour faire face à la chaleur à déjà causé la mort d’un jeune couvreur de 19 ans. Les coursier·e et livreur·euses font face aux mêmes difficultés et disposent de très peu de protection dû à la nature précaire de leur travail : sous-traitance et salariat déguisé.
Les patrons jouent la même stratégie que le gouvernement en reconnaissant le besoin de moyen pour faire face à la vague de chaleur mais laisse toute cette charge aux travailleur·euses individuellement. À cette échelle seule des protections superficielles peuvent être mises en place, loin de la réorganisation de la production qui serait nécessaire pour réellement y faire face. Cela implique l’inacceptable pour les patrons, fonctionner selon une logique qui réponde avant tout à nos besoins et non celle de leur profit.
Pour faire face à la canicule, il faut en priorité défendre les intérêts de la classe ouvrière
Les solutions pour protéger nos vies de la chaleur, ne sont pas à attendre du côté de nos exploiteurs, c’est à notre classe de décider et d’exiger des mesures nécessaires selon ses besoins à l’État. Une réhabilitation de nos lieux d’études, de travail et de vie est nécessaire sur le long-terme pour faire face aux températures croissantes qui nous attendent les décennies suivantes. Tout comme une importante réorganisation de la production, chaotique sous le capitalisme car répondant avant tout au profit d’une minorité au détriment de nos vies et de la planète.
Dès maintenant, il faut une diminution du temps de travail, diminution des cadences, la mise en place d’un d’un droit de retrait thermique et l’instauration d’une température maximale au-dessus laquelle la production est mise en pause. Pour les épreuves du brevet et du bac, il faut d’importants moyens pour mettre en place l’infrastructure nécessaire pour que les épreuves puissent se dérouler correctement, selon les demandes des personnels et élèves de chaque établissement.
Chacune de ses mesures qui protège nos vies est un frein à la course au profit des capitalistes. Il n’y a rien à espérer de leur part ou de quelconque négociation qui ne permet de gagner que des mesures superficielles. Seules nos luttes pour le contrôle de lieux de travail et la planification de la production nous défendrons de la chaleur de nos exploiteurs.

