
La montée de l’extrême droite à l’international et ses conséquences sur les personnes LGBTI
Nous pouvons constater la montée de l’extrême droite au niveau international. Cette extrême droite fait le sale boulot idéologique de ramener les personnes vers des valeurs conservatrices et moyenâgeuses. Un premier élément qui explique la croissance de l’extrême droite est l’instabilité et la crise économique irrésolue par le capitalisme. Aujourd’hui, il n’y a plus autant de profit à redistribuer donc on voit un retour en force des idées nationalistes sur l’économie ou les droits de douanes. La géopolitique et la distribution du monde sont devenues impossibles à éviter. Trump dévoile rapidement les secrets mystifiés qui se cachaient avant derrière sa « démocratie ». Trump attaque le Venezuela pour le pétrole, bombarde l’Iran pour annuler la concurrence dans la région et détruit Gaza pour faire des resorts de luxe. Il cherche à tout prix à préserver le pouvoir des capitalistes de son pays en garantissant une entrée d’argent permanente.
Dans ce but, il utilise les personnes trans et les migrant·es comme boucs émissaire. Avec des changements de lois pour revenir en arrière sur les droits à l’identité, il essaie de faire oublier aux masses les problèmes économiques et le coût impossible de la vie et de trouver un adversaire, en divisant la classe ouvrière. Paradoxalement les manières et façons brutales de Trump permettent à de plus en plus de personnes de prendre conscience que ce qu’il propose est inadmissible et inhumain. Un renouveau du syndicalisme aux Etats Unis, de toutes les personnes soumises à la précarité mais aussi les salariés d’Amazon, de Starbucks ou encore d’Uber se développe de plus en plus. Beaucoup parmi les nouveaux membres des syndicats et de la classe ouvrière qui s’organisent sont des femmes et des personnes LGBTI. De plus en plus de personnes commencent à être anticapitalistes, socialistes ou même communistes dans le centre mondial du capitalisme du XXe siècle et représente une forte limite à concevoir seulement la montée de l’extrême droite comme le signe le plus marquant de la période dans le monde. L’extrême droite est présente mais la résistance s’organise contre et Trump n’arrive pas par sa politique guerrière extérieure à calmer la contestation qu’il a dans son pays et partout dans le monde.
Sa politique réactionnaire a eu comme résultat une énorme organisation par en bas pour contester contre lui comme par exemple à Minneapolis. Les femmes et les personnes LGBTI sont en première ligne des attaques au niveau mondiale mais aussi en première ligne de la riposte. L’exemple de Renée Good, femme lesbienne tué par ICE pour avoir participer à des actions d’auto organisation et de résistance contre ICE et de solidarité avec les migrant·es à Minneapolis est aussi marquante. A New York l’espoir pour énormément de personnes qu’a su incarner Zohran Mamdani témoigne aussi de la contestation à l’immonde projet du monde de Trump.
En France nous constatons des attaques de l’extrême droite et un croisement de ses idées qui se propagent. Cette propagation se passe beaucoup sur les réseaux sociaux mais aussi dans la vraie vie. Il y a à peine deux semaines, une agression homophobe d’une extrême violence a eu lieu a Metz, tuant Noahm, un jeune homme de 19 ans qui se promenait avec son petit ami. Depuis le début de ce mois des fiertés, les agressions lgbtiphobes se multiplient partout dans le pays mais aussi sur les réseaux sociaux. Les réactionnaires n’hésitent pas à s’attaquer directement aux personnes LGBTI. Notre organisation n’est pas épargnée par ces attaques réactionnaires car depuis le début du mois de juin, plusieurs de nos vidéos sont ciblées par une vague de harcèlement. Les fascistes n’hésites pas non plus à commenter des propos islamophobe et raciste ou encore sioniste en mettant en avant la « sécurité des personne LGBTI en Israël », malgrés que le mariage entre personnes de même sexe y est illégal.
Néanmoins, l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite n’est pas un fait accompli en France, malgré ses avancées. La fin de la séquence des élections municipales ne les mets pas autant comme vainqueurs qu’ils auraient voulu. La probable absence de Marine Le Pen aux élections présidentielles ne la met pas dans la position de gagnantes absolues. Ils souhaitent nous vendre Bardella mais personne ne veut d’un personnage pareil au sommet de l’État français. Car même si l’extrême droite avance, rien ne nous empêche d’avancer nous aussi, et nous nous organisons pour la lutte tout de même.
La riposte LGBTI internationale s’organise
La lutte est le seul moyen par lequel nous allons pouvoir faire reculer l’extrême droite et nous ne disons pas cela par pure idéalisme. Proches de nous, nous avons l’exemple de la Hongrie. Avant la défaite dans les urnes d’Orban, la massivité de la Pride à Budapest à beaucoup fait parler à l’international. Nous voyons des liens entre la contestation par la lutte et par la rue et le recul des idées réactionnaires. Il est nécessaire de construire des espaces communs afin de faire face aux défis de la période.
Las Rojas s’est donné l’objectif de faire un calendrier bien rempli pour ce mois de fierté. Après notre participation à la Pride Radicale la semaine dernière mais aussi à la Pride de Banlieues la semaine précédente, nous annonçons dès à présent notre présence dans la rue pour la Pride. Bien que les fachos s’organisent et se soutiennent au niveau international, nous sommes aussi capables de nous organiser internationalement.
Nos camarades du Ja Basta! au Brésil ont participé à la mobilisation et à la grève dans l’Université de Sao Paulo. Une des revendications majeur du mouvement est l’instauration de quotas trans pour l’accès des personnes transgenre à l’Université. Pour cela, une mobilisation spécifique a été organisée le 11 juin dernier.
Au Costa Rica, Las Rojas fera le 25 juin une projection du film Pride sur les droits LGBT à l’Université de Costa Rica et participeront également à la Pride le dimanche 28 juin prochain dans la ville de San José.
Nos camarades en Argentine font partie de l’organisation de la lutte et de la riposte contre Milei. En Argentine, la Grand Pride a lieu durant le mois de novembre en raison de l’hiver du sud. Dans la période du pic de circulation du VIH, le mouvement LGBTI local a décidé ce changement de calendrier pour protéger les personnes concernées. Depuis l’arrivée au pouvoir de Milei et pour contester son discours lgbtphobe, deux nouvelles Prides ont été organisées en février 2025 et 2026 appelés « Marche des fiertés antifascistes ».
L’incorporation du terme antifasciste montre bien les possibilités de riposte et d’organisation du mouvement LGBTI, qui est prêt à se battre contre l’extrême droite. Depuis un certain nombre d’années, en fin juin, les collectifs travestis et trans en Argentine organisent une journée de lutte et de mobilisation contre les trans féminicides. Las Rojas Argentine sera présente dans cette mobilisation le 28 juin. Le weekend prochain Las Rojas participera ainsi de trois mobilisations différentes pour les droits LGBTI au niveau international.
Construisons une Pride antifasciste, antisioniste et anticapitaliste
Après notre participation aux deux Prides, nous devons remplir la rue samedi prochain. L’année dernière, le chant le plus repris autour de notre cortège était « Free Palestine ». Notre participation compte et nous devons participer à la Pride de l’Inter-LGBT pour apporter au mouvement de masses des positions plus radicalisées pour ne pas laisser les personnes seules à la merci du pinkwashing et de la réappropriation bourgeoise qui propose aux personnes LGBT de devenir seulement des acheteur·euses de marchandises.
L’organisation actuelle de la Pride propose de laisser la place aux cortèges sionistes et du syndicat de police à l’avant alors que des associations engagées comme Ardhis pour les demandeur·euses d’asile sont mises à l’arrière du cortège. Nous devons affirmer notre présence aussi pour ne pas laisser le mouvement aux forces politiques qui ne proposent pas l’auto-émancipation de la communauté mais qui proposent aux personnes LGBTI de leur faire confiance et de résoudre la situation par le vote.
Nos identités et nos vies sont politiques et nous avons besoin de faire confiance principalement à nos forces et à nous-mêmes comme force d’organisation. Et ce n’est seulement que par nos luttes que nous allons réussir à faire reculer l’extrême droite, détruire le capitalisme et le patriarcat et imposer une monde sans aucun type d’oppressions.
Soyons toustes dans la rue ce samedi 27 juin contre la venue des cortèges sionistes et de la police et pour demander des droits pour toutes les personnes LGBTI du monde entier.

