Pour une Pride de lutte !

Communiqué Las Rojas à propos de la Marche des Fiertés de Paris. Le samedi 27 juin devait se tenir la Marche des Fiertés de Paris, organisée par l’Inter-LGBT (l'inter-associative lesbienne gaie bie et trans). Retrouvons-nous en septembre pour une véritable Pride de lutte, qui porte des revendications et ne négocie pas avec les capitalistes !

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Pride de Paris, 29 juin 2024. © AFP - Olympia de Maismont
Pride de Paris, 29 juin 2024. © AFP - Olympia de Maismont

Malgré la canicule annoncée, l’Inter-LGBT n’a pas proposé de report de l’évènement, attendant l’interdiction de la marche par la préfecture. Plusieurs questions se posent sur le fait qu’une organisation dépolitisée se charge de préparer une manifestation centrale dans la lutte des droits LGBTI. La présence de l’association de policiers Flag !, du groupe aux positions sionistes Beit Haverim, des chars d’entreprises ainsi que la réticence de l’Inter-LGBT a proposer d’elle-même un report d’une marche qui devait avoir lieu lors de la canicule nous interroge sur la légitimité de ce regroupement associatif à monopoliser la Pride, si importante pour porter nos revendications.

 

Prenons soin nous-mêmes les un·es des autres

Le regroupement d’organisations Inter-LGBT n’a pas cru bon de répondre davantage aux questions légitimes de maintenir un évènement de 500 000  personnes dans un épisode caniculaire historique. La tenue de la marche aurait exposé les participant·es et militant·es qui assurent les tâches lors de la Pride pendant de longues heures, les plus chaudes de la journée. 

Chercher à maintenir la marche coûte que coûte comme l’a fait l’Inter-LGBT, c’est ne pas prendre en compte que de nombreuses personnes ont continué à travailler sous la chaleur, et que l’accumulation de la fatigue et des difficultés de chacun·es : logements non isolés, prise d’anti-dépresseurs, maladies chroniques, personnes âgées, enceintes, ou en situation de handicap peut provoquer des malaises graves, quelquefois plusieurs jours plus tard. 

Choisir le maintien d’une marche dans ces conditions, c’est discriminer qui sera en état de santé de manifester ou non. L’Inter-LGBT insiste sur le respect des minutes de silence en mémoire des victimes du VIH. Pourtant les personnes atteintes du Sida sous traitement sont davantage exposées aux risques de déshydratation. Au vue de ces facteurs, un report organisé par les organisateur·ices elleux-mêmes auraient été plus pertinent politiquement que d’attendre que l’Etat prenne la disposition d’urgence.

En Argentine, le mouvement LGBTI a pris, déjà dans les années 80 et 90, des mesures d’autoprotection. Leur grande Pride se tient depuis des décennies en novembre et pas en mois de juin, qui correspond à l’hiver de l’hémisphère sud, pour ne pas exposer les personnes atteintes du VIH pendant le pic de l’épidémie à la circulation de virus respiratoires de l’hiver. Depuis quelques années, une manifestation moins grande et moins exposée est organisée en juin contre les meurtres de personnes trans, qu’iels nomment comme « travesticides ». Nos camarades de Las Rojas Argentine y participent. 

Au même moment,  le rassemblement pour Lyhanna à Bordeaux le 22 juin a été reporté par les organisatrices, de même que la Pride de Lyon, reportée par une décision commune en septembre.

 

Arrête ton char marchand : la Pride n’est pas à vendre !

Si l’Inter-LGBT a tant rechigné à reporter d’elle-même la marche, c’est peut-être qu’elle comptait sur une annulation administrative, qui donne plus d’opportunités d’indemnités ? 

La préoccupation première de l’Inter-LGBT cette année semble être de faire rentrer plus de sous dans les caisses pour rattraper l’année précédente, qui avait créé la polémique en affichant un soutien bienvenue au peuple palestinien. La Pride doit redevenir militante, débarrassée des chars commerçants, des entreprises qui viennent faire du pinkwashing, des sionistes et de la police.

L’Etat et les capitalistes sont les véritables responsables de la crise climatique, et c’est bien l’action du capitalisme, et l’inaction de l’Etat, qui conduit des milliards de personnes dans le monde à subir le changement climatique. Les inviter à la fête n’a pas de sens. 

Si les services hospitaliers étaient saturés le week-end de la Pride, c’est effectivement la faute des gouvernements successifs qui n’ont fait que dépouiller les services d’Etat pour privilégier le privé. Mais c’est la responsabilité de notre classe de se montrer plus prévoyante, plus intéressée par la santé des nôtres que nos dirigeants et nos patrons. 

C’est pourquoi l’organisation des futures Prides doit être assurée par des organisations militantes LGBTI du monde du travail seulement : c’est-à dire par celleux qui ont arraché·es nos droits jusqu’à présent !

Retrouvons nous en septembre pour une véritable Pride de lutte, qui porte des revendications et ne négocie pas avec les capitalistes !

 

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